“Et comme j’ai le coeur sur la main, quand je me suis frotté le visage, je me suis mis du coeur partout.”

Kaliayev

Publié dans Plume by Petite Fille sur mai 5th, 2008

Vous avez déjà lu les Justes de Camus? Y’a un gars, dans mon cours de français, qu’on appelle Kaliayev, Oli et moi. Démarche nonchalante. Rire sonore. Vêtements savamment débraillés. Cheveux ébouriffés. Barbe qui traîne. L’air un peu poète, mais pas dépressif. Un Kaliayev, version italienne.

Tabarnak qu’il est beau. le reste, à vos risques…

À la Gargouillis.

Publié dans Hommage, Plume by Petite Fille sur avril 21st, 2008

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Petite Fille préfère l’hiver nucléaire au printemps. Petite Fille fume un joint avec Martine à la plage. Petite Fille danse pour les passants et personne ne rit. Petite Fille échappe le sang de sa mère sur sa nouvelle robe. Petite Fille se noie au cirque et ressuscite au Manège Militaire. Petite Fille se déguise en cowboy et tue ces salauds de pirates. Petite Fille part sans payer à l’épicerie. Petite Fille a mal à la vie et ne trouve plus ses Tylenol. Petite Fille voudrait faire du cheval mais n’a qu’un chat. Petite Fille se fera des couvertures avec les retailles des barbes des séries. Petite Fille tombe amoureuse pour devenir aveugle. Petite Fille s’étouffe avec son foulard en sortant de la voiture. Petite Fille mange sa main et gardera l’autre pour demain. Petite Fille lance de la gouache rouge dans l’aquarium à requins. Petite Fille s’embarre dans sa case par pur masochisme. Petite Fille vole un oeuf et mange du steak pour souper. Petite Fille lit la Bible aux punks du centre-ville.

4 pintes de Sleeman Rousse chaque, ça donne ça:

Publié dans Drunkness, Plume by Petite Fille sur avril 20th, 2008

Contexte; Olivier (Noyade au Cirque) et moi (Petite Fille) sommes attablés au Charlot, petit resto-bar sympa à Trois-Rivières. Du papier et des crayons sous la main, on décide de jouer à un jeu. Jeu qui consiste en l’écriture d’une phrase, de quelques mots, tout en prenant soigneusement le temps d’en laisser le dernier mot sur une nouvelle ligne. On plie la feuille de façon à ce que seul le dernier mot paraisse. La personne suivante écrit la suite du texte. D’habitude, ça donne des trucs terriblement loufoques. Ce soir-là, on a eu droit à des textes se suivant, étrangement, et à d’autres qui manquaient carrément de cohérence. Voici donc, directement des cerveaux imbibés d’alcool de Noyade et de Petite Fille, quelques textes étranges à saveur trash-sanglante.

«La révolte des poupées éventrées sur le bord de la route, sales. Elles sont dans l’univers des microbes en forme de melons trashés sur le trottoir, comme des citrouilles un lendemain d’Halloween, l’année où on a baptisé les bébés dans des excréments de zèbres zombies en décomposition. Beau, comme une carcasse de moufette séchant au soleil qui brûle les yeux des impurs.»

«Les fous courent sur des bateaux en forme de rien, un rien intersidéral et absolu, qui mange tout. Ils ont de la chance, les astronautes, ils bouffent des comètes malades. Les économistes pensent que, au fond, les ronds du poêle étaient sûrement allumés. La maison brûlera, heureusement, et on se dit que la Lune s’enfuit, que la vérité est écrite sur ta pierre tombale, avec du sang, partout, waaaarg, et on rigole encore. De toute façon, l’amour n’est que le pâle reflet de la bêtise humaine, avec un peu plus de barbe. Et les gens rient tellement fort que la voisine a crié. Ah, cette policière, elle est tellement drôle que j’en crève noyée dans mon vomi

«Une rousse aux yeux crevés, les cheveux noyés dans la boue vendue par les nazis en furie dévastatrice, qui arrache tout, même la raison des gens les plus lucides, des extraterrestres faisant le trottoir qui chante les mêmes ballades que ce pauvre itinérant. Les prêtres qui forcent les enfants morts-nés, comme un poussin qu’on tue dans l’oeuf. De vulgaires avortés, à refuser le menu végétarien, il devient tellement légume (dis moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es!) qu’il doit amour envers les placentas schizophrènes

«On regarde le ciel, les gens se prostituent pour le plaisir de voir un humain qui souffre, comme quand on lui arrache les ongles uns à uns avec une pince déchirant les ovaires des pauvres. Et il pleure, comme si je lui avais balancé une brique, ou deux mares de vomi radioactif. L’épiderme ravagé par le feu, vert de moisissure, se replie sur lui-même pour former les fourmis contre l’apocalypse, un feu d’artifices de chair et de sang qui pleut sur la populace. Morale de cette histoire, vaut mieux se faire une mineure qu’une matante

«La terre nage dans la décomposition de chair humaine rose, comme celle des cochons. On m’a déjà dit, d’ailleurs, que l’humain goûtait un peu comme le jambon. On boit de la bière comme un petit enfant tétraplégique qui court à cent kilomètres heure, un avion qui hurle la joie. Satan est une femme, elle est folle, conne comme la Lune, prête à rendre ses tripes sur la place publique. Sale pute qui ment comme ça. Une vierge aux oreilles plâtrées et aux yeux calfeutrés parle et dit : ” Quand on se lance en bas d’un immeuble, on ne voit pas le sol qui ouvre sa gueule si on regarde le ciel fumer des ratons laveurs saouls.” »

«J’ai ramassé, sur le bord de la rue, un petit soulier d’un éclopé chauve, zoophile et stupide. Je sais pas trop ce qu’il t’a pris d’aller te promener à poil, tes tripes comme collier, au milieu de l’asile des enfoirés qui votent conservateur. La bêtise humaine existe toujours, et on devrait la sanctionner par la coupe d’orteils, par la torture qui consiste à  extirper les yeux des juifs avec une cuillère puis, on arrache leurs dents avant de les forcer à boire de l’acide. Les petites filles pleurent en voyant le pape se tirer à bout portant dans la tête, avec un fusil de chasse qui crache des milliers de cerveaux humains qui flottent dans la bile de Jean Chrétien sur le plancher sale de l’écurie qui cache des fœtus morts. Les mains, ouvertes vers le ciel, sans doigts, réclament qu’on les nourrisse. Elles ont faim de haine envers les armes bactériologiques. Finalement, mourir vierge de tous soupçons

Deuil(s)

Publié dans Plume by Petite Fille sur avril 14th, 2008

Comme si tout cet être s’était éteint sur l’homme canonisé. Des mots fades, une vie si peu romanesque, un retour en arrière. Comme une cravate trop longue sur un corps de petit garçon. Attention, tu marches dessus. Sur ta vie bien rangée. Il a décidé d’oublier l’enfant et de grandir sans lui. Je crois qu’il ne faut pas jeter ses peluches. Surtout quand elles sont si jolies, même en complet-cravate. Des peluches, c’est fait pour être usé, jusqu’à la corde, jusqu’à ce que mousse en sorte. T’avais pas à jeter la tienne par la fenêtre droite de la voiture. J’te tire la langue. Une larme au coin des yeux.

Un petit gout amer de mensonges semi-avoués sur la langue. Comme si tout n’était pas dit. La Petite Fille se sauve, sur son cheval ailé. Les oreilles bouchées à fond le train. Le vent dans ses cheveux. Un sourire tout aussi amer aux lèvres. Elle n’a plus trop de mots, pour expliquer tout ça. Parce que ce n’est ni Erreur, ni Révélation. Juste le temps qui passe. Vite, comme le cheval qui galope. La poussière lève sous ses sabots, déterrant les vieilles histoires à moitié oubliées. Piétinant et détruisant beaucoup sur son passage. Aille, poney, tu cours sur ma crinière.

Il était une fois une gamine à qui on interdisait les bonbons. Les bonbons, ça fait des caries. Les bonbons, ça rend grosse. Le sucre, ça rend énervée. Ça donne mal au coeur. Et tu as des remords après. Un beau jour de printemps, la gamine, elle a décidé de manger des bonbons. Même si. Sa gardienne, qui était chargée de s’occuper d’elle ce jour-là, l’en empêchait. Dans un grand verre, assise par terre dans la salle de bain, Gamine versa un gallon d’alcool à friction, quelques Tylenols et un peu de parfum. Sa gardienne, concentrée devant la télé, ne vit que du feu lorsque la petite fille lui servit ce qu’elle prit pour un verre d’eau. Et elle en tomba dans un coma profond. La fillette en profita alors pour se gaver de bonbons. Elle en mangea des centaines. Chaque bonbon était une véritable victoire. Elle en aurait mangé jusqu’à ce qu’elle en explose.  La bouche pleine de friandises, elle continuait à s’emplir la bouche. Elle avait mal aux joues. Elle riait, de plaisir d’enfin goûter à cet interdit à saveur de fraise. Jusqu’à ce que, miraculeusement, sa gardienne se réveille à cause du bruit qu’elle faisait en sautant sur le sofa.

Soundtrack du jour; 94 hours de As I Lay Dying. 17 mai, j’ai hâte.

Mais t’es où, Monsieur Bonheur, quand mon p’tit coeur aurait besoin de ton sourire?

Publié dans Plume, Tranche de (vie) pain by Petite Fille sur mars 31st, 2008

Depuis que tu m’as avoué être amoureux d’Elle, on dirait que t’as disparu. Que tu voulais plus me parler, que t’avais plus le temps pour nos soirées à discuter, trop tard, de choses futiles et ridicules.

“Parle-moi”, c’est à mon tour de le dire, maintenant.

Ton absence sur ma liste MSN fait un gros trou dans mon coeur. Ton absence dans ma tête fait un gros trou dans mon cahier à poèmes. J’ai recopié ce qu’on écrivait ensemble, des fois, sur une bulle de créativité à peine forcée. Le coup de la mitaine, quand tu m’avais dit que je m’améliorais.

“Comme Prométhée, tu me dévores le coeur”, ou quelque chose comme ça. Tout ce que je voulais répondre, moi, c’était “Et je mangerai tout, jusqu’à la dernière miette, pour qu’elle en crève de faim” mais j’ai pas osé. J’étais tellement en colère.

Le trou que t’avais fait dans mon coeur plein d’amour est réparé. En fait, non, y’a toujours un trou, mais c’est plus toi le responsable, tu le sais bien.

Je m’ennuie, de tes mots, de tes phrases, des conneries comme des choses terriblement sérieuses ou affreusement laides qu’on a pu se dire. Un Étranger flirte toujours avec un Rhinocéros, sur ma table de chevet. Et la tienne, est-ce qu’elle a fini par devenir Folle? Avec un pot de confiture. En espérant que ça ne t’attire pas d’ennuis, ça aussi.

Je suis arrivée comme un cheveu sur la soupe de ta vie, je le sais bien. J’arrive comme ça dans l’existence des gens moi, j’ai appris que ça, défoncer la porte et courir à l’intérieur comme une voleuse. Tu m’as fichue à la porte, comme un vieux chien galeux. Je t’en veux un peu pour ça. Mais un chien galeux reste un chien. Même si tu le crisse dehors à grans coups de pied, il reviendra, attendra à la porte. J’avoue, que Jeanne le chien vagabonde, qu’il passe le plus clair de son temps à attendre devant une autre porte (foutue gale), mais Jeanne le chien passe souvent devant chez toi. Y’a toujours du soleil, chez vous. J’aime ça, réchauffer mes vieilles pattes fatiguées sur ton perron.

L’envie de te parler qui me prend quand j’écoute Howie Beck qui me raconte qu’Alice sait qu’elle partira mais qu’elle ne me dira pas quand.

Édouard, ami précieux, cesse de disparaître. S’il-te-plaît.

Divorcée de Mars.

Publié dans Plume by Petite Fille sur mars 26th, 2008

Comme une pointe contre moi.
Ça pique.
Je saigne, espèce de brute.

Mon petit coeur tout effiloché,
comme une vieille mitaine
pleine de sang.
Rouge, comme mes joues
quand je pense à toi.

Rouge espoir, ça se dit?
Et rouge désespoir?

Petite Fille, qui attend. Comme un chien, loyal et fidèle. Le coeur plein comme ton ventre quand t’as trop mangé. La tête pleine comme ton meuble à Cds. Les mains vides, comme la pochette qui gardait ta clé.